XI
e siècle,
hunte.
Issu du francique
*haunipa, *haunita,
« mépris, raillerie ».
1. Déshonneur, humiliation.
Jeter la
et l'opprobre sur quelqu'un. Couvrir quelqu'un de
. Recevoir la
d'un affront, d'une insulte. Essuyer la
d'un refus, d'une disgrâce. Redouter la
d'un scandale. La
en retombera sur lui. Il n'en recueillera que de la
. Effacer la
d'une mauvaise action. Il y a de la
à se conduire ainsi. Il n'y a pas de
à reconnaître ses erreurs. Le combat a tourné à la
des ennemis,
ils ont été mis en déroute. Par méton. Personne qui est cause de déshonneur ; chose

use.
Ce garçon est une
pour les siens. Un tel comportement serait une
. C'est une
! Quelle
! Toutes les
s sont accumulées sur sa tête,
toutes les raisons de déshonneur. Loc.
Honte à,
sur,
formule d'imprécation.
Honte à ceux qui n'ont rien fait pour empêcher ce crime ! Honte sur toi ! À la
de, pour la
de,
pour le déshonneur, pour l'humiliation de quelqu'un.
Il en a fait courir le bruit à ma
, pour ma
. À sa grande
, il dut reconnaître sa faute. Faire
ou, par méton.,
être la
de,
être un sujet de

, un motif d'humiliation pour.
Cet enfant fait la
de sa famille. De tels hommes sont la
de l'humanité.
2. Sentiment d'indignité, d'infériorité ou d'humiliation, lié à la conscience d'une faute réelle ou supposée.
Avoir
de mentir. Avoir
d'une mauvaise action. Éprouver de la
ou, class.,
avoir
à faire quelque chose. Être pris de
. Être rouge de
. Pleurer de
. La
le retient. Je ne puis l'avouer sans
. Vous devriez mourir de
. N'avez-vous pas
? J'en ai
pour vous. Par affaibl. Gêne, embarras, trouble qu'on éprouve à l'idée de son imperfection, d'un manquement aux convenances.
La
de se montrer mal vêtu. Il est retenu par la
de parler. Étaler son luxe sans
. Loc.
Faire
à quelqu'un,
lui causer de la

, lui faire éprouver son indignité.
Ils tirent vanité de ce qui devrait leur faire grande
. Son zèle devrait faire
à tous ces paresseux.
Spécialt. Souvent avec un complément. Faire à quelqu'un des reproches qui lui causent de la

, de la confusion.
Faites-lui
de sa paresse, il le mérite. Il a commis une faute, mais on lui en a bien fait
. Avoir perdu toute
, avoir toute
bue, mettre bas toute
,
être insensible au déshonneur.
Toute
bue, il se vendit au plus offrant. Fausse
(vieilli),
mauvaise
, sotte
,
mal fondée,
qui provient d'un scrupule excessif ou d'une faiblesse de caractère.
N'ayez pas de fausse
, il n'y a rien de blâmable à accepter cette offre. Une sotte
le retient. Fausse
se dit aussi d'une

feinte. Fig. et vieilli.
Courte
,
insuccès.
S'en retourner avec sa courte
, en être pour sa courte
,
essuyer un échec, un affront. Expr. proverbiale.
Un peu de
est bientôt passée, bientôt bue,
se dit pour encourager quelqu'un à agir en oubliant sa

, sa gêne.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
(H est aspirée.) Sentiment pénible excité dans l'âme par la conscience
d'une faute commise et la confusion, le trouble qu'on en ressent.
"Avoir
de mentir. Il a
d'avoir fait cette mauvaise action. Il a
de se montrer. La
le retient. Il y a
une bonne et une mauvaise
. Il ne faut pas avoir
de bien faire. J'éprouvais à leur
aspect une sorte de
. Rougir de
. Pleurer de
. Vous devriez mourir de
.
N'avez-vous point
de manquer de parole, de vous comporter avec cette indécence? J'en ai
pour vous. J'aurais
de rapporter les propos indécents qu'il tenait. Je ne puis, sans
quelque
, vous faire cet aveu. Je puis l'avouer sans
. Toutes les
s sont
accumulées sur sa tête."
"Fausse
, mauvaise
," Honte mal placée qui provient d'un scrupule excessif
ou d'une faiblesse de caractère et fait qu'on est confus de choses méritoires.
"C'est une mauvaise" "honte. Manquer au devoir par fausse
. Une sotte
le retint."
"Faire
à quelqu'un," Lui causer de la

, être un sujet de

pour lui.
"Ils
tirent vanité de ce qui devrait leur faire le plus de
. Cet écolier fait
à tous les autres
par son application. Votre activité fait
à ces paresseux. Faire
à quelqu'un" signifie
encore Faire à quelqu'un des reproches qui lui causent de la

, de la confusion; et alors
"honte" est souvent accompagné d'un complément.
"Faites-lui
, il le mérite bien. Faites-
lui
de sa paresse. On lui en a bien fait
."
Poétiquement, et en parlant des Choses,
"Faire
," Effacer, éclipser.
"La blancheur de
son teint fait
à la neige."
Prov. et fig.,
"Avoir perdu toute
," Être sans pudeur, être insensible au déshonneur.
On dit dans le même sens
"Avoir toute
bue, mettre bas toute
."
Prov.,
"Revenir, s'en retourner avec sa courte
," Revenir, s'en retourner après avoir
essuyé un affront, un refus, ou sans avoir rien fait de ce qu'on s'était promis de faire.
Il signifie encore Humiliation, déshonneur.
"Essuyer la
d'un refus, d'une disgrâce. La
doit en retomber sur lui. Il n'en recueillera que de la
. Cette action imprime à sa mémoire
une
éternelle. Couvrir quelqu'un de
. Effacer la
d'une mauvaise action.
Il y a de la
à se conduire ainsi. Il n'y a pas de
à être pauvre. Elle se vit contrainte
d'avouer sa
. Pleurer sa
. Quelle
pour nous! À la
de la raison, du bon sens."
"Être la
, faire la
de sa famille, etc.," Lui faire un grand déshonneur.
"Les mauvais
ouvrages, les ouvrages immoraux font la
de leurs auteurs. De tels hommes sont la
de l'humanité." Dictionnaire d'Emile Littré
1 Déshonneur, opprobre, humiliation (ce qui est le sens étymologique et ancien).
CORN.: « Se plaindre est une
et soupirer un crime
» CORN.: « La gloire d'une mort qui nous couvre de
» CORN.: « Mais pour braver Marcelle et m'affranchir de
, Il est une autre voie et plus sûre et plus prompte
» RAC.: « Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma
» RAC.: « J'ai déclaré ma
aux yeux de mon vainqueur
» RAC.: « Déjà de sa présence [de Phèdre] avec
chassée, Dans la profonde mer Oenone s'est lancée
» FÉN.: « Il y aurait de la
à m'abandonner
» MASS.: « Il fait à l'homme de bien une
de la vertu
» VOLT.: « Et si je n'écoutais que ta
et ma gloire
» VOLT.: « Tu vois mon sort, tu vois la
où je me livre
» VOLT.: « Va, la
serait de trahir ce que j'aime
» LA CHAUSSÉE: « La
est dans l'offense, et non pas dans l'excuse
» FR. SOULIÉ: « Ce n'est pas ce que voulait madame Kaufmann : il lui fallait savourer la
de sa rivale, la voir humiliée, perdue, insultée
» Par exclamation.
RAC.: « Ô
, qui jamais ne peut être effacée ! » Être la

, faire la

de sa famille, de son pays, de son siècle, lui faire un grand déshonneur.
BOURDAL.: « Divorces et séparations si ordinaires aujourd'hui dans le monde, et que nous pouvons regarder comme la
de notre siècle, surtout parmi des chrétiens » À la

de, en causant déshonneur.
MALH.: « Où des fils de la terre La rage ambitieuse à leur
parut
» CORN.: « Épargnez-moi des pleurs qui coulent à ma
» BOURDAL.: « Combien de chrétiens, disons mieux, combien de mondains, à la
du christianisme qu'ils professent, vivent aujourd'hui dans la même ignorance !
» RAC.: « Mille bruits en courent à ma
» VOLT.: « Enfin il [Galilée] fut condamné, à la
de la raison » Familièrement et par exagération. C'est une

, c'est grand'honte, il ne convient pas, il est messéant.
RÉGNIER: « Et que c'est
au roi de ne leur donner rien
» RÉGNIER: « Car c'est
de vivre et de n'être amoureux
» LA FONT.: « ....C'est grand'
Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils » Il se dit aussi au pluriel (Voltaire a condamné cet emploi ; mais, outre les autorités, la raison et l'usage n'empêchent pas d'employer ce mot abstrait au pluriel).
CORN.: « Les soins que cette amour nous donne en cette vie Ne peuvent aussi bien nous élever si haut, Que la perfection la plus digne d'envie N'y soit toujours suivie Des
s d'un défaut
» CORN.: « Mais tu sais quel orgueil ont lors montré les comtes ; Combien d'affronts pour lui, combien pour moi de
s !
» CORN.: « Pour réserver sa tête aux
s du supplice
» LA BRUY.: « La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les humiliations, ni les
s que j'essuie
» VILLEM.: « Il aurait fallu prévoir les écueils d'un tel succès, et empêcher les méfaits et les
s dont le monarque délivré allait charger sa couronne, et, jusqu'à un certain point, la responsabilité de ses libérateurs » Familièrement. Faire mille

s, faire cent

s, accabler d'outrages.
CORN.: « Dans les bras de ce fils on lui fait mille
s
» MOL.: « Je vous conjure que ce soit en particulier que je lui demande pardon, parce que sans doute il me ferait cent
s, cent opprobres devant tout le monde » 2 Sentiment pénible qu'excite dans l'âme la pensée ou la crainte du déshonneur.
CORN.: « Seigneur, ce que je suis ne me fait point de
» BOSSUET: « La
se met entre la vertu et le péché pour empêcher qu'on ne la quitte ; puis entre le péché et la vertu pour empêcher qu'on ne la reprenne
» BOSSUET: « Il n'eut point de
d'écrire que...
» BOSSUET: « Ce lui serait une
de se dire...
» BOSSUET: « Elle lui pardonna son crime [au gouverneur qui avait fait tirer sur la reine], le livrant pour tout supplice à la
d'avoir entrepris sur la vie d'une princesse si bonne et si généreuse
» BOSSUET: « La nature, dit Tertullien, a couvert tout le mal de crainte ou de
» BOURDAL.: « La
est une passion que la nature raisonnable excite en nous et qui nous détourne, sans que nous remarquions même ni comment ni pourquoi, de tous les excès et de toutes les impuretés du vice
» BOURDAL.: « Et que, pour retourner à Dieu, vous repreniez cette
du péché que vous aviez perdue
» BOURDAL.: « La
du bien, dit saint Bernard, est en nous la source de tout mal, et la
du mal est le principe de tout bien
» BOURDAL.: « Combien de fois une
criminelle vous a-t-elle fermé la bouche dans des occasions où il fallait s'expliquer hautement !
» FLÉCH.: « Je pourrais la décrire dans ces lieux sombres et retirés, où la
tient tant de langueurs et de nécessités cachées, versant à propos des bénédictions secrètes sur des familles désespérées qu'une sainte curiosité lui faisait découvrir pour les soulager
» RAC.: « Je veux voir son désordre et jouir de sa
» FÉN.: « La sagesse n'a point de
de paraître enjouée
» FONTEN.: « Personne n'a jamais mieux su soulager et les besoins d'autrui et la
de les avouer
» J. J. ROUSS.: « La
, compagne de la conscience du mal, était venue avec les années
» Avoir

, éprouver de la

.
CORN.: « J'ai
de montrer tant de mélancolie
» MOL.: « Monsieur, vous vous moquez ; j'aurais
à la prendre [une bague]
» BOSSUET: « [L'envie] est un orgueil lâche et timide qui se cache, qui fuit le jour, qui, ayant
d'elle-même...
» FÉN.: « Il eut
de se voir vaincu
» A. CHÉN.: « J'ai
à ma fortune, en regardant la tienne » On le dit aussi au pluriel en ce sens.
MOL.: « J'aurais toutes les
s du monde s'il fallait que... » Faire

à quelqu'un, être pour lui une cause de

.
CORN.: « Ne l'entreprenez pas, votre offre me fait
» SÉV.: « J'ai peur qu'elle ne fasse
à ses parents
» BOSSUET: « Sainte institution qui fait
aux chrétiens
» RAC.: « Songez-vous que toute autre alliance Fera
aux Césars, auteurs de ma naissance ? » Poétiquement. Faire

, éclipser.
MALH.: « À quelles roses ne fait
De son teint la vive fraîcheur ?
» LA FONT.: « La belle enfin découvre un pied dont la blancheur Aurait fait
à Galathée
» MOL.: « Ses trésors, sous vos pas confusément semés, Ont de quoi faire
à l'abondance même » Faire

, faire des reproches qui causent de la

, de la confusion.
SÉV.: « Je lui dis qu'il me fait mal au coeur, je lui fais
, je lui dis que ce n'est point la vie d'un honnête homme
» SÉV.: « Elle soupa le soir, et [la Voisin, empoisonneuse] recommença, toute brisée qu'elle était, à faire la débauche avec scandale ; on lui en fit
, et on lui dit qu'elle ferait bien mieux de penser à Dieu
» FÉN.: « Qu'il sache faire
à tous ceux qui aiment une dépense fastueuse » Vous devriez mourir de

, se dit, par exagération, à quelqu'un qui a commis une action très répréhensible.
VOLT.: « Les Ribalier et les Cogé devraient mourir de
s'ils n'avaient pas toute
bue » Avoir perdu toute

, être insensible au déshonneur.
On dit dans le même sens : mettre bas toute

, et avoir toute

bue.
LA FONT.: « Bartholomée ayant ses
s bues
» LA FONT.: « ....Soit que, sentant son cas, Simone encor n'ait toute
bue
» DU FRÉNY: « Honte bue à présent, ma foi, sur l'inconstance
» VOLT.: « Puisque Pigalle ma sculpté, il faut bien que je souffre qu'on me peigne, j'ai toute
bue » 3 Courte

, insuccès.
HAUTEROCHE: « Pour laisser le marquis avec sa courte
» TH. CORN.: « ....Tu me vois avec ma courte
» LA MOTTE: « Le chat court, mais trop tard, et bien loin de son compte, N'eut ni lard ni souris, n'eut que sa courte
» Un homme s'en retourne, s'en revient avec sa courte

quand il a reçu l'affront de n'avoir pu réussir en quelque entreprise. Cette locution est singulière ; et, comme elle manque d'historique, on ne sait comment l'expliquer avec quelque sûreté. Provisoirement, on peut penser que courte

signifie proprement

à court délai,

qui arrive tout de suite.
4 Mauvaise

, fausse

de ce qui n'est pas blâmable, et quelquefois même de ce qui est louable.
SCARRON: « Par je ne sais quelle bonté, ou, si l'on veut, mauvaise
, je n'ai pas la force de rien refuser de ce que l'on me demande avec opiniâtreté
» BOILEAU: « Mais aucun de ces maux n'égala les rigueurs Que la mauvaise
exerça dans les coeurs ; De ce nid à l'instant sortirent tous les vices
» FÉNEL.: « La mauvaise
est le mal le plus dangereux et le plus pressé à guérir
» FÉN.: « Ce n'est pas le vrai honneur, c est une mauvaise
qui me retient
» VOLT.: « Il [Charles XII] avait conservé, dans l'inflexibilité de son caractère, cette timidité qu'on nomme mauvaise
» Fausse

, timidité mal placée,

non justifiée.
LA CHAUSSÉE: « Je me sens retenu par cette fausse
» Sotte

, synonyme de fausse

.
J. J. ROUSS.: « Je crois qu'il y eut en cette occasion plus d'orgueil à parler qu'il n'y aurait eu de sotte
à se taire » 5 Dans le langage biblique, la

, les parties que l'on doit cacher.
SACI: « C'est pourquoi j'ai relevé vos vêtements sur votre visage, et on a vu votre
»PROVERBES
Que
ne vous fasse dommage, c'est-à-dire il ne faut pas qu'une mauvaise

empêche de faire une chose qui n'est point blâmable et qui peut être utile.
Un peu de

est bientôt passé, on surmonte facilement un sentiment de

pour quelque avantage.
REMARQUE
1. On dit également : je n'ai point

d'avoir fait cela, et je n'ai point de

d'avoir fait cela. Dans la première phrase,

est pris dans un sens général et indéterminé ; dans la deuxième,

est pris dans un sens partitif. En effet la

est un sentiment susceptible de plus et de moins.
2. Avoir

à, avoir

de. On a essayé d'établir une distinction, disant qu'on se sert de à quand le verbe exprime une action, et de de quand il exprime un état : il a

à mentir, il a

d'avoir menti ; mais, avec quelque soin qu'on examine ces deux locutions, on ne peut voir aucune différence appréciable de sens, et c'est l'oreille qui doit déterminer le choix.
3. Avoir ses

s bues, locution singulière, mais dont on verra l'origine à l'historique. Un poëte du XIIIe siècle représente l'antechrist faisant verser à pleins brocs la

; il insiste sur cette fiction et sur cette figure de la

bue. Cette fiction et cette figure ont eu assez de crédit pour introduire dans la langue la locution, qui, si on n'avait le poëme d'où elle provient, demeurerait inexplicable. C'est Génin qui a trouvé cette excellente explication.
SYNONYME
HONTE, PUDEUR. Les reproches de la conscience causent de la

. Les sentiments de modestie produisent la pudeur. Elles font quelquefois l'une et l'autre monter le rouge au visage, mais alors on rougit de

et l'on devient rouge par pudeur, GIRARD.
HISTORIQUE
XI
ème siècle
Ch. de Rol. II: Si me gardez et de mort et de hunte
ib. XXXII: Là mourrez vous à hunte et à viltet
ib. CCLVIII: Por venger vostre hunte
XII
ème siècle
Ronc. p. 197: Tex [telle]

leur avint devant le roi de France
Couci, IV: Mais

i aurez, pour voir [vrai]
Sax. VI: Jamais [nous] n'aurons tel aise [facilité] de nos

s vengier
ib. XV: Seigneur, dit l'apostoles, moult est cist

s lais
ib. XVI: Du tort et de la

[je] me vorroie vengier
Th. le mart. 39: Car grant

li faites [au roi] quant en sa curt entrez, Cum en feu e en flambe de vostre cruiz [croix] armez
ib. 66: Erramment passa mer senz cungié de vescunte, Ne fist à sun prelat n'a saint iglise hunte ; Set ans fu en eissil
XIII
ème siècle
QUESNES: « Irons venger la
doloreuse Dont chascuns doit estre irés et
ux
» HUES D'OISI: « Et quant uns seul en remanoit de ça [n'allait pas à la croisade], Il [Quesnes] lui disoit et
et reprouvier
» VILLEH.: « Et s'en alerent passer à Marseille, dont il reçurent grant
et moult en furent durement blasmé
» Berte, CXIII.: Que ne me fassiez chose qui à

me pere [ne se manifeste à ma

]
la Rose, 6801: Ge tiens à grant

...
ib. 8846: Ele meïsme le raconte, Et escrit, et n'en a pas

, à son ami...
ib. 247: Ele [l'Envie] est trop lie [joyeuse] en son corage, Quant el voit aucun grant lignage Decheoir et aler à
TAILLIAR: « Et chil à cui cius
s [cette
] sera fais
» HUGUES DE MERY: « ....un entremès i ot D'une merveilleuse friture Des pechés fais contre nature.... D'une tonne de
plaine Convint l'entremès abeuvrer ; Car ceus en convenist crever, Qui orent la friture eüe, S'il n'eüssent
beüe
» Ch. d'Ant. VIII, 179: Qui plus craint mort que

n'a droit en seigneurie
XIV
ème siècle
J. DE CONDET: « Car uns proverbes nous raconte, Que tels cuide vengier son
, Qui l'acroist, et ensi avient
» Guesclin. 19937: Ce sera

à nous, onques telle ne fu, Se de ci en alons à loi de recreü
XV
ème siècle
le Jouvencel, f° 29, dans LACURNE: Il sera tantost jour, et puis sauldrons tous ensemble, et verrons entour nous ; car la nuyt n'a point de
Les 15 joies de mariage, p. 65: Et puisqu'il enquiert et serche sa

et il la trouve, il est bien raison qu'il endure le mal qu'il a serché et quis
CH. D'ORL.: « Qui a toutes ses
s beues, Il ne lui chault que l'en lui die ; S'on le hue parmi les rues, La teste hoche à chiere lie » XVI
ème siècle
MONT.: « Ayez
et respect de vous-mesmes
» MONT.: « N'as-tu pas
de chanter si bien ?
» LA BOËTIE: « Platon advertissoit les vieux d'avoir
des jeunes, à fin que les jeunes se maintinssent en leur endroit avec
et reverence
» COTGRAVE: « Femme qui perd sa
est sans estime et conte
» COTGRAVE: « Il ne va pas du tout à
, qui de demie voye retourne
» COTGRAVE: « Qui a
de manger, a
de vivre
» ID.: « Qui n'a
, il n'aura jà honneur
» COTGRAVE: « Qui vit à compte vit à
» ID.: « Vieil peché fait nouvelle
» OUDIN: « Il a passé par devant l'huis d'un pasticier, il a ses
s perdues ȃTYMOLOGIE
Bourg. onte ; provenç. ancta, amta, anta ; ital. onta ; de l'anc. h. allem. hônida ; vieux saxon, honda, déshonneur, de même radical que honnir. Honte a été des deux genres. Un dérivé hontage a été très usité.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
HONTE. - HIST.
XVI
ème siècle Ajoutez :
P. DE, L'ESTOILE,
Journ. de Henri III, t. I, p. 202 (cité par M. Eman Martin, Courrier de Vaugelas, 1er déc. 1874, p. 130, qui comble ainsi la lacune que j'avais signalée en disant que courte
n'avait point d'historique): Mais voyant le peuple mutiné et armé pour repousser la force par la force, se retira avec sa courte
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie encore, Déshonneur, ignominie, opprobre.
"Essuyer la
d'un refus, d'une disgrâce. La
doit en retomber sur lui. Il n'en recueillera que de la
. Cette action imprime à sa mémoire une
éternelle. Il veut laver sa
dans leur sang. Couvrir quelqu'un de
. Effacer la
d'une mauvaise action. Regarder comme une
. Tenir à
. Il s'est engagé dans une entreprise, dans une affaire dont il ne sortira qu'à sa
. Il y a de la
à se conduire ainsi. Il n'y a pas de
à être pauvre. La
suit les mauvaises actions. Il alla cacher sa
au fond d'une retraite ignorée. Elle se vit contrainte d'avouer sa
. Pleurer sa
. Quelle
pour nous! À la
de la raison, du bon sens, on voit encore les erreurs les plus grossières s'accréditer."
"Être la
, faire la
de sa famille, etc.," Lui faire un grand déshonneur.
"Les mauvais ouvrages, les ouvrages immoraux font la
de leurs auteurs. De tels hommes sont la
de l'humanité."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
HONTEUX, EûSE, adj. HONTEûSEMENT, adv. [On aspire l'
"h":
"la
", et non pas
"l'honte": 1
re lon. 2
e "e" muet au 1
er, lon. aux trois aûtres,
"teû",
"teû-ze",
"teû-zeman;" 3
e "e" muet.]
"Honte" se dit tantôt d'un sentiment de confusion, excité par l'idée du déshoneur; tantôt du déshoneur qui caûse ce sentiment. '
"Avoir
de faire", ou
"d'avoir fait" une mauvaise action.
- '
"La
" suit les mauvaises actions. =
"Honte",
"pudeur",
"modestie" ne sont rien moins que synonimes. L'
"Acad." blâma autrefois
"Corneille" d'avoir dit,
"épargne ma
", pour,
"épargne ma pudeur",
"ma modestie". 'Les reproches de la conscience causent
"la
": les sentimens de la
"modestie" produisent
"la pudeur". GIR.
"Synon." -
"La
" est le remord du mal qu'on a fait:
"la pudeur",
"la modestie" sont une horreur naturelle du mal qu'on ne veut pas faire.
"La
" me retient. - - D'Orval, elle t'abuse: "La
" est dans l'ofense, et non pas dans l'excuse. "La Chaussée".
"Rem." 1°.
"Honte" n'a point de pluriel.
"Corneille" et
"La Bruyère" lui en donent un.
Non, mais vous avez dû perdre le souvenir "Des
s" que pour vous j'avois su prévenir. "Rodogune".
'La plus brillante fortune ne mérite point, ni le tourment que je me donne, ni les humiliations, ni
"les
s" que j'essuie.
- Il me semble que ce pluriel ne fait point mal en cet endroit; mais il ne ferait pas si bien âilleurs.
"Rem." 2°.
"Honte", quand il est seul, et qu'il n'est pas joint à quelque verbe, n'a de régime que dans une seule ocasion. On dit:
"la
de nos faûtes", est un moyen de nous corriger: mais on ne dit pas,
"la
de" cette action, pour dire la

qu'on en a, ou qu'on doit en avoir. Encôre moins, dit-on,
"la
du mal",
"la
du bien", pour dire, la crainte de cometre le mal, de pratiquer le bien, le respect humain. Ainsi
";" "Boileau" ne me paraît pas exact, quand il dit, (Ép. III.)
Des superbes mortels le plus afreux lien, N'en doutons pas, Arnaud, c'est "la
du bien". Avec le régime,
"honte" a le 2d sens d'ignominie, de déshoneur. 'Comment soutiendrez-vous
"la
de" cette action.
"Rem." 3°.
"Honte", régit
"de" et l'infinitif. '
"La
de céder" l'emporte dans son coeur sur la crainte du trépas.
"Jér. Dél." 'Le Roi (Amauri) rapporte dans la Syrie la douleur d'avoir échoué dans une entreprise injuste, et
"la
de s'être laissé" tromper. MARIN,
"Hist. de Saladin". = Avec le v.
"avoir", il se dit ordinairement sans article, même dans la proposition négative. 'Il
"a
de" sa folie, il
"a
de" bien
"faire.." 'Il
"n'a pas
de méconaître" son bienfaiteur. *
"Fénélon" dit: '
"N'ayez point de
à attribuer à" leurs instructions ce que vous ferez de meilleur.
- Il y a deux chôses à remarquer dans cette phrâse: 1°. La prép.
"de" devant
"honte", qui est tout au moins inutile, et contre l'analogie. On dit, il
"n' a pas raison", vous
"n'avez pas tort de faire", de dire, etc. et non pas, il
"n'a pas" de
"raison",
"vous n'avez pas" de
"tort", etc. Il me semble donc, que l'on doit dire:
"n'ayez point
", et non pas,
"n'ayez point" de
"
de", etc. Je ne dissimulerai pas que l'
"Acad." met en exemple.
"N'avez-vous point de
" de manquer de parole. Mais je m'en raporte.
- La 2
e chôse à remarquer, c'est la prép.
"à" devant l'infinitif au lieu de la prép.
"de". Il paraît que l'illustre Auteur a confondu dans cette ocasion le v.
"avoir" actif, avec
"avoir" impersonel. On dit
":" "il y a de la
à être" méchant:
"il n'y a pas de
à être" paûvre: mais on dit:
"il a
d'être" paûvre:
"il n'a pas
d'être" méchant. *
"La Bruyère" met, au contraire, la prép.
"de" avec
"avoir" impersonel. 'Quelle plus grande
"
y a-t'il d'être" refusé d'un poste que l'on mérite, ou
"d'y être" placé sans le mériter? = Avec l'article,
"honte" a un autre sens, et c'est le 2d de ce mot: c'est
"avoir la confusion",
"l'humiliation". 'Le pauvre Abbé Têtu a toujours des vapeurs:
"j'ai la
de faire" de mon mieux pour le guérir, sans pouvoir réussir. Madame
"De Coul." = Ce que nous avons dit
"d'avoir
", s'aplique à
"faire
": il doit être également sans article. 'Votre fils
"ne fera pas de
à" ses parens.
"Sév." le
"de" est inutile. = Au reste,
"faire
" a deux sens, tantôt il a raport à celui qu'on veut corriger, en lui inspirant de la

; tantôt il a raport à ceux qui soufrent de la confusion en conséquence de leurs faûtes ou de celles des aûtres. 'Ce discours de Coriolan
"fit
au" peuple
"de" son animosité.
"Vertot". 'La proscription de cet illustre Sénateur
"fait
au" peuple romain. Un Père dit à son fils. 'Je
"vous fais
de" vos égaremens, afin qu'un jour vous ne nous
"fassiez" pas
"honte" par vos bassesses. =
"Faire
", ne se dit pas avec le pron. pers. 'Ceux, qui reçoivent une belle lettre d'amitié,
"se font honeur", en la montrant: ceux qui reçoivent une lettre d'amour,
"se feraient
", en la publiant. Quoiqu'on dise,
"se faire honeur",
"se faire un mérite de", etc. On ne dit point,
"se faire
",
"se faire confusion de", etc.
"Wailly". =
"Attacher de la
à". Voy. INEXPLICABLE. Il vaux mieux dire, ce me semble,
"atacher du déshoneur". = Voy. HONTEUX.
"À~ ma
",
"à sa
", adv. 'Je le dis
"à ma
". 'Tant pis pour l'esprit: ce que vous dites est tout à fait
"à sa
". Fonten. = On dit aussi,
"à la
de": 'L'on y détruisit inhumainement plus de 300 villages et châteaux,
"à la
" éternelle de ceux, qui aprouvèrent et ordonèrent une telle conduite.
"Targe-Smollet".
- Ailleurs ce Traducteur, trop litéral, l'unit au v.
"être" impersonel. '
"Il est à la
de" la Nation,
"que" des hommes, qui n'avoient jamais vu l'énemi en face, fussent avancés aux places des braves oficiers, qui etc. cela sent l'anglicisme. Nous dirions, en pareil câs:
"il était
ux pour la Nation que", etc.
On dit, proverbialement,
"s'en retourner avec sa courte
"; sans avoir réussi. =
"Un peu de
est bientôt bûe"; bientôt pâssée.
HONTEUX, qui a de la

. (n°. 1°.) Il régit
"de" devant les noms et les verbes: il se dit des
"persones". 'Les méchans sont souvent
"honteux de" leurs succès: ils devraient l'être
"de" leur bonheur. 'Les jeunes gens
"ont
de pratiquer" la vertu: ils
"sont
ux d'être" surpris à bien faire. = Qui caûse de la

: il se dit des chôses: 'Crime, procédé
"honteux": action, conduite
"honteûse~", etc. = En parlant d'un jeune homme, qui parait dans le monde et qui n'en a pas l'usage,
"embârrassé": 'Il est encôre tout
"honteux". Le Proverbe dit, en ce sens, qu'
"il n'y a que les
ux qui perdent".
REM.
"Être
ux de", et
"avoir
de", ont des nuances diférentes pour le sens et pour l'emploi: l'un regarde plutôt le pâssé, l'autre le présent. 'Il
"est
ux de" ce qu'il a fait: il
"n'a" pas
"
de" le
"refaire" encôre. Ainsi, Madame B... et l'Ab.
"Vertot" n'ont pas parlé bien exactement, quand ils ont dit; l'une. 'Ils ne
"furent" pas
"honteux" (pour; ils n'eurent pas

)
"de se mettre" à la tête de ces bandits.
"H. d'Angl." l'aûtre: 'Ils
"n'avoient" pas
"été
ux" (ils n'avoient pas eu

)
"d'ôter" à un Sénateur-Consulaire, et honoré de deux Dictatûres, le Droit de Citoyen.
"Révol. Rom." HONTEûSEMENT, Avec

et ignominie: fuir; mourir
"honteûsement".
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)...là-bas et leur demander pardon. Il lui fallut un moment pour se rappeler tout, et se dire que c'était fini, qu'il était perdu... retourner près d'eux, maintenant ? -oh ! Non, jamais, -quelle honte ! D'ailleurs, s'être échappé du bord étant puni de fers, et avoir ensuite couru bordée trois jours, tout cela ne pouvait plus se racheter. Prendre encore ces mêmes résolutions, reprises vingt fois,...
Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)...l'obsédait d'une manière, et, à présent, c'était une chose accomplie. Cela le relevait à ses propres yeux, d'avoir pris ce parti, cela le grandissait de se sentir hors la loi, il n'avait plus honte de se représenter devant sa femme, à présent qu'il était déserteur, et il se disait qu'il aurait le courage d'y aller ce soir, avant de partir, au moins pour lui porter l'argent qu'il avait reçu....
Citation n°3 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)...son dernier, si chéri, celui à qui se rapportaient toutes ses prières, toute sa vie, toute son attente, toutes ses pensées, déjà obscurcies par l'approche sombre de l' enfance... elle éprouvait une honte aussi à laisser paraître son désespoir devant ce petit monsieur qui lui faisait horreur : est-ce que c'était comme ça qu'on annonçait à une grand'mère la mort de son petit-fils ! ... elle restait...
Citation n°4 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)...ses cheveux bouclés sous son bonnet de pêcheur. Elle se trouvait prise si au dépourvu par cette rencontre, que vraiment elle avait peur de chanceler, et qu'il s'en aperçut ; elle en serait morte de honte à présent... et puis elle se croyait mal coiffée, avec un air fatigué pour avoir fait son ouvrage trop vite ; elle eût donné je ne sais quoi pour être cachée dans les touffes d'ajoncs, disparue dans...
Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)...c'est une expiation. Ce que nous vengeons, ce que le criminel expie, c'est l'outrage fait à la morale. Il y a surtout une peine où ce caractère passionnel est plus manifeste qu'ailleurs ; c'est la honte qui double la plupart des peines, et qui croît avec elles. Le plus souvent, elle ne sert à rien. à quoi bon flétrir un homme qui ne doit plus vivre dans la société de ses semblables et qui a...